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Cycle HiPhiS 2019 : Représentations, analogies, abstractions

Une dizaine de conférences de mai à décembre 2019  [prochaine conférence]

  La notion de représentation permet d’interroger le statut de l’objet scientifique et des modalités selon lesquelles on le donne à voir dans la pratique scientifique elle-même. S’agit-il d’un double du réel ? S’agit-il d’une idéalisation ? S’agit-il d’une abstraction ? La représentation nous donne-t-elle accès à ce qui échapperait autrement à la perception sensible (représentation d’atomes, de molécules, etc) ? Ou s’agit-il de donner à voir ce qui relèverait en principe du pur concept (statut des objets mathématiques par exemple) ? En sciences, la réalité ne se réduit pas à des représentations donnant lieu à des preuves formelles, pas plus qu’elle ne se réduit à des manifestations donnant lieu à des preuves empiriques. Mais comment raisonner de manière correcte sur des objets qui ne sont pas toujours parfaitement déterminés ? Comment se représenter ce qui en eux n’est pas encore connu ?
  Si les représentations renvoient plutôt aux objets de la science, à leur rapport au réel, au rôle de la sémiotique, etc, de leur côté l’analogie et l’abstraction renvoient aux méthodes de la science, à ses modes de raisonnement : abstraire, c’est isoler des aspects communs à différentes situations (en s’extrayant des contextes) de façon à établir des résultats généraux et permettre des unifications. Les analogies permettent le transfert de méthodes et d’intuitions d’une situation ou d’un domaine vers un autre, alors que l’application de ces méthodes ou intuitions aurait pu ne pas être considérée comme légitime a priori mais peut se révéler particulièrement féconde d’un point de vue heuristique ; ainsi, Maxwell s’était-il explicitement inspiré des équations de la mécanique des fluides pour formuler ses lois de l’électromagnétisme.
  Or, de même que la construction de représentations mobilise (parfois implicitement) des processus d’abstraction ou d’analogie (cf. la représentation de molécules sous formes de balles reliées par des ressorts), de même ces dernières peuvent-elles rarement se passer de représentations des objets sur lesquelles elles opèrent. Un des problèmes qui peuvent se poser est alors celui de la distorsion ou de l’éloignement par rapport au réel ou aux conditions concrètes que ces procédures et représentations sont susceptibles d’introduire. En théorie du droit par exemple, on distingue le contrôle concret ou abstrait des normes, le second consistant à appréhender la norme sans considération de ses conditions d’application. Ainsi le contrôle de constitutionnalité des lois est dit abstrait — une qualification récemment remise en question dès lors qu’on ne peut plus juger les lois indépendamment de leur interprétation par un magistrat, spécialement depuis l’avènement en 2010 de la question prioritaire de constitutionnalité.

Programmation en cours de consolidation.

Cliquer sur les vignettes pour voir les affiches en grand format.

 


Mardi 21 mai 2019
La distinction entre contrôle concret et contrôle abstrait des normes : de la dichotomie à la nébuleuse
   Guillaume Tusseau

  Juriste et philosophe du droit, Professeur de droit public à Science-Po Paris, membre honoraire IUF

17h30 – UM Faculté de Droit, amphithéâtre 201 “Pedro de Luna” (14 rue du Cardinal de Cabrières, Bât. 2, 2e étage | tram 1 ou 4 Place Albert 1er ou Louis Blanc)

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF280 Ko

Invitation conjointe avec le CERCOP – Centre d’Études et de Recherches Comparatives Constitutionnelles et Politiques

Résumé :

  Comme toute discipline académique, le droit constitutionnel s’appuie des concepts structurants. Parmi ceux qui permettent d’organiser l’exposition des données du droit positif relatives à la justice constitutionnelle figure la distinction entre contrôle concret et contrôle abstrait des normes. Cette dichotomie, dont la généalogie recèle quelques surprises, est d’usage courant dans la doctrine, française comme étrangère. Elle semble permettre d’opposer différents types d’interventions des juges constitutionnels, selon que ceux-ci portent précisément leur attention sur les faits d’un litige opposant deux justiciables ou qu’ils s’en dégagent au contraire pour ne s’intéresser qu’aux normes en cause. Pourtant, l’individuation conceptuelle de chacun des termes de la distinction est particulièrement ardue. Souvent confondus avec d’autres critères de classification des opérations réalisées par les juges, caractère concret et caractère abstrait sont parfois irrémédiablement mêlés. Certains recours, tels que les questions préjudicielles de constitutionnalité, résistent à tout classement, tandis que les effets personnels des décisions juridictionnelles ne sont guère lisibles à travers ce prisme. Ces difficultés conduisent à remettre en question la construction des outils de l’analyse, et notamment à s’interroger sur un possible abandon de la définition des concepts en fonction de critères nécessaires et suffisants, au profit d’une approche par cas paradigmatiques.

Affiche HiPhiS 2019-05-21M – G. Tusseau


 


Mardi 11 juin 2019
Les expériences de pensée scientifiques : abstraction, généralité, narration
   Anouk Barberousse

  Philosophe des sciences, Professeure à Sorbonne Université (Paris 4), UMR 8011 Sciences, Éthique, Société, chercheuse associée IHPST

17h30 – UPVM3 site Saint-Charles, salle Colloque 2 (rue Prof. Henri Serre, RdC | tram 1 Place Albert 1er – St-Charles)

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF280 Ko

Invitation conjointe avec l’EA 4424 CRISES, UPVM3

Résumé :

  De nombreuses expériences de pensée scientifiques se présentent comme des récits mettant en scène des entités parfois réelles, parfois imaginaires, dont on cherche à découvrir à quelles lois elles sont soumises. Leur but est de faciliter le raisonnement qui, au lieu de ne reposer que sur l’inférence logique et le calcul mathématique, s’appuie aussi sur leur dimension narrative. Les expériences de pensée ont ainsi pour but d’accéder à une compréhension générale des phénomènes visés, mais à partir d’éléments particuliers. Par exemple, l’expérience de pensée des loups de Darwin consiste à imaginer une meute de loups particuliers et leur destin, tout en visant une conclusion générale. Grâce à l’examen d’exemples, nous mettrons en évidence le jeu de l’abstrait et du concret qu’autorisent les expériences de pensée dans leur quête de généralité.

Affiche HiPhiS 2019-06-11M – A. Barberousse


 


Mardi 25 juin 2019
L’impératif analogique
   Emmanuel Sander

  Professeur de psychologie à l’Université de Genève (équipe IDEA) et à l’Université Paris 8 (équipe CRAC, EA 349 Paragraphe)

17h30 – UM IAE, amphithéâtre Robert Reix (campus Triolet, bât. 29) [attention, campus en travaux !]

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF335 Ko

Résumé :

  Le souci de distinguer l’être humain de ses congénères du règne animal a pendant longtemps interdit de penser le raisonnement de l’adulte éduqué autrement que conforme à la logique. S’appuyant sur l’ouvrage “L’analogie, cœur de la pensée” (Hofstadter & Sander, 2013), cette conférence réhabilite l’analogie en montrant sa nécessité cognitive et sa richesse créative. Elle défend la thèse selon laquelle l’analogie, qui permet de traiter l’inconnu comme du connu, constitue le moteur principal de la pensée. Il s’agira de montrer que, loin d’être un phénomène ponctuel, elle envahit et détermine la cognition de pied en cap, depuis les actes les plus banals et inconscients jusqu’aux découvertes scientifiques les plus créatives, en passant par ce qui guide la manière dont chacun interagit avec son environnement, interprète une situation, raisonne au quotidien, prend des décisions, acquiert de nouvelles connaissances.

Bibliographie :

□ Hofstadter, D. & Sander, E. (2013), L’analogie, cœur de la pensée, Paris, Odile Jacob. ISBN 9782738124739 | site éditeur
□ Parution en anglais sous le titre : Surfaces and Essences – Analogy as the fuel and fire of thinking, 2013, New York, Basic Books. ISBN 9780465018475 | site éditeur

Affiche HiPhiS 2019-06-25M – E. Sander


Attention travaux – accès au campus Triolet modifiés en raison du chantier “Village des Sciences” : pour rejoindre le bâtiment 29 IAE depuis le tram, accéder par l’entrée rue du Truel (environ 15 minutes depuis la station “Universités”). Voir le plan.


 


Prochaine conférence


Mardi 17 septembre 2019
Une nouvelle philosophie pour les pratiques mathématiques
   Jean-Paul Van Bendegem

  Philosophe des mathématiques, Professeur émérite à la Vrije Universiteit Brussel (Belgique)

17h30 – UM Faculté des Sciences, salle de cours SC-12.01 (campus Triolet, bât. 12)

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF475 Ko

Invitation conjointe avec l’IMAG – Institut Montpelliérain Alexandre Grothendieck

Résumé :

  En 1976 Proofs and Refutations d’Imre Lakatos est publié et une nouvelle vague dans la philosophie des mathématiques s’annonce. On se rend compte que les pratiques mathématiques concernent plus que les preuves mathématiques mais aussi la “quête” qui aboutit à une preuve, les calculations, les essais, les “explorations”, …, sans oublier la situation sociale dans laquelle se trouve un(e) mathématicien(ne). Les preuves elles-mêmes deviennent des objets de recherche complexes. On discute de la beauté, la force explicative, la profondeur, … d’une preuve. Mettant ensemble tous ces éléments, on ne peut que se poser la question quelles sont les implications pour la philosophie des mathématiques. On peut bien s’imaginer que les idées de certitude et nécessité dans la pensée mathématique reçoivent une nouvelle interprétation, qui rend les mathématiques plus mystérieuses que jamais.

Bibliographie :

Lakatos, I. (1976), Proofs and Refutations – The logic of mathematical discovery, Cambridge University Press.

Affiche HiPhiS 2019-09-17M – J.-P. Van Bendegem


Attention travaux – accès au campus Triolet modifiés en raison du chantier “Village des Sciences” : pour rejoindre le bâtiment 12 depuis le tram, accéder par l’entrée rue du Truel (environ 15 minutes depuis la station “Universités”). Voir le plan.


 


Conférences à venir


[conférence annulée] Mardi 12 novembre 2019
Thème : philosophie des mathématiques (titre non communiqué)
   Jean-Pierre Marquis

  Logicien et philosophe des mathématiques, Professeur à l’Université de Montréal (Canada)

 


Mardi 26 novembre 2019
Thème : épistémologie de l’informatique (titre non communiqué)
   Liesbeth De Mol

  Historiennne, épistémologue et philosophe l’informatique, C.R. CNRS, Université de Lille 3, UMR 8163 Laboratoire “Savoirs Textes Langage”

17h30 – UM lieu à préciser

Détails à venir…

Résumé et affiche à venir

 


Mardi 10 décembre 2019
Thème : biologie (titre non communiqué)
   Thomas Heams

  Biologiste et philosophe de la biologie, Maître de Conférence à AgroParisTech, UMR GABI Génétique Animale et Biologie Intégrative

17h30 – UM lieu à préciser

Détails à venir…

Résumé et affiche à venir

Bibliographie :

□ Heams, T. (2019), Infravies – Le vivant sans frontières, Paris, Seuil. ISBN 9782021098198 | site éditeur

 


Mardi 14 janvier 2020
Thème : logique (titre non communiqué)
   Denis Vernant

  Philosophe de la logique et du langage, Professeur émérite à l’Université Grenoble-Alpes

17h30 – UM lieu à préciser

Détails à venir…

Invitation conjointe avec l’IMAG – Institut Montpelliérain Alexandre Grothendieck, à l’occasion de la Journée Mondiale de la Logique

Résumé et affiche à venir

 


Programme en cours de consolidation, une ou deux dates peuvent s’ajouter à l’agenda.