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Alerte épidémique | suspension des activités | printemps 2020

Les mesures préventives décidées par l’autorité publique face à l’alerte sanitaire nationale (épidémie au coronavirus SARS-CoV-2) nous obligent à annuler la conférence du 24 mars. Selon l’évolution de la situation, les conférences HiPhiS à venir sont susceptibles d'annulations ou de reports.


Cycle HiPhiS 2020 : Modèles et réalités

Une dizaine de conférences de janvier à décembre 2020  [prochaine conférence]

  L’activité scientifique implique l’élaboration ou l’utilisation de modèles : quelles formes prennent ceux-ci dans les différents champs de la recherche, que ce soit en sciences “dures” ou en sciences humaines ? Comment sont-ils construits ? Se distinguent-ils des théories ? En outre, quels rapports entretiennent-ils avec la réalité visée ? Doit-on parler d’une ou de plusieurs réalités ? En particulier, doit-on distinguer réalité empirique et “réalité en soi” et/ou les réalités des différents domaines de recherche ? Ce questionnement sur le statut et la genèse des modèles s’inscrit dans l’actualité de la réflexion en épistémologie et l’ouvre à une perspective comparatiste entre les domaines de recherche.
  Illustré par une variété d’exemples en sciences (modèle ondulatoire vs. corpusculaire de la lumière ; modèles de l’atome ou de la liaison chimique ; modèle standard de la physique, du cosmos, ou du système Terre…), le terme de modèle recouvre en fait une diversité d’acceptions et d’usages : instance/objet d’une théorie scientifique ; représentation simplifiée ou idéalisée du réel ; simulation (e.g. numérique) ou extrapolation de situations concrètes. Les finalités d’usage des modèles peuvent être heuristiques (explicatives), ou au contraire “balistiques” quand il s’agit d’ingénierie ou d’applications des sciences.
  Ainsi, après avoir été une science purement descriptive, la biologie devenue expérimentale utilise aujourd’hui une large variété de modèles prédictifs, descriptifs, représentatifs, explicatifs, à travers lesquels le biologiste construit son regard sur le monde. Par ailleurs, le rapport entre modèle et réalité interroge la nature même de la science économique : étant acquis que les modèles ne sont que des représentations incomplètes de la réalité, quel degré d’irréalisme y est-il acceptable ? Le réalisme des hypothèses doit-il céder le pas à la capacité prédictive ?
  Les modèles étant souvent exprimés dans un langage mathématique (en vertu de sa force opératoire), les interactions des mathématiques avec d’autres disciplines suscitent en retour le développement des mathématiques appliquées sous la forme de nouveaux modèles, qui mènent parfois à de nouvelles théorisations mathématiques. La distinction entre mathématiques pures et appliquées a-t-elle alors un sens ? Réciproquement, le développement des mathématiques pures ne pourrait-il être vu comme relevant d’une modélisation intra-mathématique, autrement dit de l’application des mathématiques à elles-mêmes ? En logique mathématique, la théorie des modèles étudie les rapports entre une théorie (une axiomatique) et ses différents modèles (les objets mathématiques qui vérifient ses axiomes), ainsi que les rapports entre eux de ces différents modèles.
  Mais les sciences utilisent aussi des modèles hors langage mathématique. Par exemple, la pensée juridique ne cesse de créer des modèles et des catégories méta-discursives pour tenter de clarifier le chaos normatif des règles de droit ; mais par-delà sa vertu pédagogique et heuristique, cette tentative de modélisation reste confrontée à la contingence jusisprudentielle, témoin l’exemple des modèles de justice constitutionnelle que la doctrine tente, non sans difficulté, de dresser entre les cultures judiciaires américaine et européenne. D’autres grandes disciplines utilisent des modèles fondés sur le langage chimique, celui des éléments constitutifs de la matière, où les liens entre modèles et réalité générent les mêmes interrogations ontologiques qu’à propos des mathématiques et de la physique.

Programmation en préparation.

Cliquer sur les vignettes pour voir les affiches en grand format.

 


Mardi 14 janvier 2020 [fin cycle 2019]
De la nature des “déductions” de Sherlock Holmes
   Denis Vernant

  Philosophe de la logique et du langage, Professeur émérite à l’Université Grenoble-Alpes

17h30 – UM IAE, amphithéâtre Robert Reix (campus Triolet, bât. 29) [attention, campus en travaux !]

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF415 Ko

Invitation conjointe avec l’IMAG – Institut Montpelliérain Alexandre Grothendieck.
Conférence HiPhiS associée à la Journée Mondiale de la Logique
 (*)

Résumé :

  On attribue généralement les succès du célébre détective Sherlock Holmes à ses capacités déductives. En fait, ses raisonnements conduisant à l’arrestation du coupable relèvent toutes d’abductions. Différente de la déduction et de l’induction, l’abduction est une inférence spécifique qui consiste à faire des hypothèses sur la cause suppposée d’un fait inattendu. Nous proposerons d’abord de définir l’abduction comme une procédure combinant raisonnement logique et enquête praxéologique mettant en jeu des données empiriques. Nous illustrerons sa capacité inventive par le rappel de la découverte par Kepler du caractère elliptique des orbes planétaires. Enfin, sur l’exemple de la nouvelle Silver Blaze d’Arthur Conan Doyle (titre FR : Flamme d’Argent), nous examinerons comment Sherlock Holmes découvre l’identité du voleur.

(*) Journée Mondiale de la Logique (World Logic Day) chaque 14 janvier, manifestation placée en 2020 sous le patronnage de l’UNESCO. À cette ocasion, un après-midi de conférences est organisé à l’UM, amphi IAE — programme.

Affiche HiPhiS 2020-01-14M – D. Vernant


Attention travaux – chantier “Village des Sciences” en voie d’achèvement : la réouverture de l’accès piétons sur le parvis place Bataillon est imminente, mais non garantie pour le mardi 14. Pour rejoindre le bâtiment 29 depuis le tram, le cas échéant accéder par l’entrée rue du Truel (environ 15 minutes depuis la station “Universités”). Voir le plan.


 


Mardi 28 janvier 2020
Histoire et avatars de la relation génotype-phénotype
   Dominique de Vienne

  Biologiste de l’évolution et généticien, Professeur émérite à l’Université de Paris-Sud, UMR GQE “Génétique Quantitative et Évolution” (INRA, CNRS, AgroParisTech, U.Paris-Saclay)

17h30 – amphithéâtre Genopolys (CNRS campus Arnaud de Villeneuve, 141 rue de la Cardonille | tram 1 Occitanie)

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF335 Ko

Invitation conjointe avec l’IGH – Institut de Génétique Humaine

Résumé :

  Définies au début du XXe siècle, les notions de génotype et de phénotype ont fourni aux biologistes un cadre conceptuel essentiel. La question de la relation entre ces deux niveaux est au cœur de nombreux travaux en génétique et évolution, mais aussi en sciences humaines. En philosophie des sciences, cette question a alimenté les réflexions sur les propriétés émergentes ; en sciences sociales, elle a été mobilisée – trop souvent à des fins idéologiques – pour nourrir le débat autour de l’eugénisme et de l’héritabilité des caractères de comportement. Après avoir présenté les origines de la distinction génotype-phénotype, je détaillerai quelques exemples de propriétés émergentes pour illustrer la complexité de la relation génotype-phénotype et les limites des approches purement réductionnistes. Enfin je montrerai avec quelles précautions il faut utiliser – ou non – le concept d’héritabilité dans l’espèce humaine.

Affiche HiPhiS 2020-01-28M – D. de Vienne


Accès à Genopolys : CNRS campus Arnaud de Villeneuve, à côté de la nouvelle faculté de médecine, face à la station de tram “Occitanie” (ligne 1). Accès piéton par le portillon blanc du côté de l’arrêt des bus. N.B. Le site Genopolys n’a aucun parking : privilégier transports en commun ou vélo, ou se garer au parking public Occitanie.


 


Mardi 03 mars 2020
La croyance en l’immobilité : Zénon d’Élée versus agitation thermique
   Maël Bathfield

  Chimiste, chercheur indépendant en philosophie des sciences, Montpellier

17h30 – UM Faculté des Sciences, salle de cours SC-10.01 (campus Triolet, bât. 10)

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF310 Ko

Résumé :

  Alors que les célèbres paradoxes logiques de Zénon sont traditionnellement vus comme niant l’existence du mouvement, l’originalité de cette présentation sera de démontrer que ces derniers devraient plutôt être vus comme des paradoxes de l’immobilité. Le concept de mouvement n’est alors plus problématique tandis que celui de l’immobilité le devient. Nous verrons aussi en quoi la proposition « l’immobilité n’est qu’une illusion de nos sens » semble bien plus crédible que la thèse inverse soutenue par Zénon d’Élée. Surtout, nous constaterons que cette proposition est en parfait accord avec la description moderne des objets matériels : l’agitation thermique (i.e. l’existence d’un mouvement aléatoire et incessant des atomes et molécules, une des caractéristiques fondamentales de la théorie atomique contemporaine), offre en effet une explication rationnelle pour cette “illusion d’immobilité”. Nous serons alors amenés à introduire le nouveau concept d’impermobilité (“mobilité imperceptible”), dont le principal avantage sera d’être bien plus approprié que le concept d’immobilité pour une description sans a priori de la réalité des phénomènes physiques.

Bibliographie :

□ Bathfield, M. (2018), « Why Zeno’s paradoxes of motion are actually about immobility », Foundations of Science, 23(4): 649–679. DOI: 10.1007/s10699-017-9544-9 | en archive ouverte EN, FR (trad. auteur).

Docteur de l’Université Claude Bernard Lyon 1 en chimie des matériaux, Maël Bathfield a ensuite été chercheur post-doctoral à l’Institut Charles Gerhardt de Montpellier pendant plusieurs années. Majoritairement autodidacte en histoire et philosophie des sciences, qu’il a étudiées parallèlement à ses travaux en chimie, il s’intéresse actuellement en tant que chercheur indépendant aux fondements implicites de la physique moderne.

Affiche HiPhiS 2020-03-03M – M. Bathfield


Fin des travaux du campus – entrée principale rétablie Place Eugène-Bataillon (le portillon piéton rue du Truel est supprimé). Voir le plan.


 


Prochaine conférence


Mardi 24 mars 2020 [conférence annulée] [nouvelle date – initialement prévue le 10 décembre 2019]
Infravies – le vivant sans frontières
   Thomas Heams

  Biologiste et philosophe de la biologie, Maître de Conférence à AgroParisTech, UMR GABI Génétique Animale et Biologie Intégrative

17h30 – UM Polytech, amphithéâtre Serge Peytavin (campus Triolet, bât. 31)

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF323 Ko

Conférence annulée en raison de l’alerte sanitaire “coronavirus” (reportée du 10 décembre suite aux grèves dans les transports publics).

Résumé :

  Comprendre le vivant dans son aspect le plus fondamental est une quête immémoriale. Chaque époque, chaque mode de pensée, a cherché des réponses qui ont en retour modifié notre rapport au monde biologique, mais un consensus demeure lointain, au risque de fragiliser les sciences du vivant. Une partie de la difficulté à laquelle se heurtent les biologistes et les philosophes tient dans l’impossible démarcation entre vivant et non-vivant, qui est pourtant perçue par la société, et parfois les chercheurs eux-mêmes comme une frontière cardinale. La perspective des infravies est une proposition théorique, nourrie de données expérimentales (exobiologie, biologie de synthèse, origines du vivant) et d’observations naturalistes, pour dépasser ce problème de délimitation et faire du vivant autre chose qu’une catégorie. Elle permet de ne pas renoncer à définir le vivant et a d’importantes conséquences épistémologiques et éthiques.

Bibliographie :

□ Heams, T. (2019), Infravies – Le vivant sans frontières, Paris, Seuil. ISBN 9782021098198 | site éditeur

Affiche HiPhiS 2020-03-24M – T. Heams [reprogrammation]


 


Conférences à venir


Mardi 16 juin 2020
Thème : philosophie des mathématiques (titre non communiqué)
   Jean-Pierre Marquis

  Logicien et philosophe des mathématiques, Professeur à l’Université de Montréal (Canada)

17h30 – UM lieu à préciser

Détails à venir…

Invitation conjointe avec l’IMAG – Institut Montpelliérain Alexandre Grothendieck

Résumé et affiche à venir

 


Mardi 22 septembre 2020
Modèles climatiques : nouvelles questions épistémologiques (titre provisoire)
   Julie Jebeile

  Philosophe des sciences, Post-Doctorante à l'Université de Berne (Suisse)

17h30 – UPVM3 lieu à préciser

Détails à venir…

Invitation conjointe avec l’EA 4424 CRISES, UPVM3

Résumé et affiche à venir

 


Programme en cours d’élaboration, plusieurs dates viendront s’ajouter à l’agenda.