Cycle HiPhiS 2020/2022 : Modèles et réalités

Une dizaine de conférences prévues de janvier 2020 à décembre 2022  [prochaine conférence]

  L’activité scientifique implique l’élaboration ou l’utilisation de modèles : quelles formes prennent ceux-ci dans les différents champs de la recherche, que ce soit en sciences “dures” ou en sciences humaines ? Comment sont-ils construits ? Se distinguent-ils des théories ? En outre, quels rapports entretiennent-ils avec la réalité visée ? Doit-on parler d’une ou de plusieurs réalités ? En particulier, doit-on distinguer réalité empirique et “réalité en soi” et/ou les réalités des différents domaines de recherche ? Ce questionnement sur le statut et la genèse des modèles s’inscrit dans l’actualité de la réflexion en épistémologie et l’ouvre à une perspective comparatiste entre les domaines de recherche.
  Illustré par une variété d’exemples en sciences (modèle ondulatoire vs. corpusculaire de la lumière ; modèles de l’atome ou de la liaison chimique ; modèle standard de la physique, du cosmos, ou du système Terre…), le terme de modèle recouvre en fait une diversité d’acceptions et d’usages : instance/objet d’une théorie scientifique ; représentation simplifiée ou idéalisée du réel ; simulation (e.g. numérique) ou extrapolation de situations concrètes. Les finalités d’usage des modèles peuvent être heuristiques (explicatives), ou au contraire “balistiques” quand il s’agit d’ingénierie ou d’applications des sciences.
  Ainsi, après avoir été une science purement descriptive, la biologie devenue expérimentale utilise aujourd’hui une large variété de modèles prédictifs, descriptifs, représentatifs, explicatifs, à travers lesquels le biologiste construit son regard sur le monde. Par ailleurs, le rapport entre modèle et réalité interroge la nature même de la science économique : étant acquis que les modèles ne sont que des représentations incomplètes de la réalité, quel degré d’irréalisme y est-il acceptable ? Le réalisme des hypothèses doit-il céder le pas à la capacité prédictive ?
  Les modèles étant souvent exprimés dans un langage mathématique (en vertu de sa force opératoire), les interactions des mathématiques avec d’autres disciplines suscitent en retour le développement des mathématiques appliquées sous la forme de nouveaux modèles, qui mènent parfois à de nouvelles théorisations mathématiques. La distinction entre mathématiques pures et appliquées a-t-elle alors un sens ? Réciproquement, le développement des mathématiques pures ne pourrait-il être vu comme relevant d’une modélisation intra-mathématique, autrement dit de l’application des mathématiques à elles-mêmes ? En logique mathématique, la théorie des modèles étudie les rapports entre une théorie (une axiomatique) et ses différents modèles (les objets mathématiques qui vérifient ses axiomes), ainsi que les rapports entre eux de ces différents modèles.
  Mais les sciences utilisent aussi des modèles hors langage mathématique. Par exemple, la pensée juridique ne cesse de créer des modèles et des catégories méta-discursives pour tenter de clarifier le chaos normatif des règles de droit ; mais par-delà sa vertu pédagogique et heuristique, cette tentative de modélisation reste confrontée à la contingence jusisprudentielle, témoin l’exemple des modèles de justice constitutionnelle que la doctrine tente, non sans difficulté, de dresser entre les cultures judiciaires américaine et européenne. D’autres grandes disciplines utilisent des modèles fondés sur le langage chimique, celui des éléments constitutifs de la matière, où les liens entre modèles et réalité générent les mêmes interrogations ontologiques qu’à propos des mathématiques et de la physique.

Programmation perturbée par la pandémie de covid : le cycle interrompu au printemps 2020 reprend cette année, prolongé jusque fin 2022.

Cliquer sur les vignettes pour voir les affiches en grand format.

 


Mardi 14 janvier 2020 [fin cycle 2019]
De la nature des “déductions” de Sherlock Holmes
   Denis Vernant

  Philosophe de la logique et du langage, Professeur émérite à l’Université Grenoble-Alpes

17h30 – UM IAE, amphithéâtre Robert Reix (campus Triolet, bât. 29) [attention, campus en travaux !]

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF415 Ko

Invitation conjointe avec l’IMAG – Institut Montpelliérain Alexandre Grothendieck.
Conférence HiPhiS associée à la Journée Mondiale de la Logique 2020
 (*)

Résumé :

  On attribue généralement les succès du célébre détective Sherlock Holmes à ses capacités déductives. En fait, ses raisonnements conduisant à l’arrestation du coupable relèvent toutes d’abductions. Différente de la déduction et de l’induction, l’abduction est une inférence spécifique qui consiste à faire des hypothèses sur la cause suppposée d’un fait inattendu. Nous proposerons d’abord de définir l’abduction comme une procédure combinant raisonnement logique et enquête praxéologique mettant en jeu des données empiriques. Nous illustrerons sa capacité inventive par le rappel de la découverte par Kepler du caractère elliptique des orbes planétaires. Enfin, sur l’exemple de la nouvelle Silver Blaze d’Arthur Conan Doyle (titre FR : Flamme d’Argent), nous examinerons comment Sherlock Holmes découvre l’identité du voleur.

(*) Journée Mondiale de la Logique (World Logic Day) chaque 14 janvier, manifestation placée en 2020 sous le patronnage de l’UNESCO. À cette occasion, un après-midi de conférences est organisé à l’UM, amphi IAE — programme.

Affiche HiPhiS 2020-01-14M – D. Vernant


Attention travaux – chantier “Village des Sciences” en voie d’achèvement : la réouverture de l’accès piétons sur le parvis place Bataillon est imminente, mais non garantie pour le mardi 14. Pour rejoindre le bâtiment 29 depuis le tram, le cas échéant accéder par l’entrée rue du Truel (environ 15 minutes depuis la station “Universités”). Voir le plan.


 


Mardi 28 janvier 2020
Histoire et avatars de la relation génotype-phénotype
   Dominique de Vienne

  Biologiste de l’évolution et généticien, Professeur émérite à l’Université de Paris-Sud, UMR GQE “Génétique Quantitative et Évolution” (INRA, CNRS, AgroParisTech, U.Paris-Saclay)

17h30 – amphithéâtre Genopolys (CNRS campus Arnaud de Villeneuve, 141 rue de la Cardonille | tram 1 Occitanie)

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF335 Ko

Invitation conjointe avec l’IGH – Institut de Génétique Humaine

Résumé :

  Définies au début du XXe siècle, les notions de génotype et de phénotype ont fourni aux biologistes un cadre conceptuel essentiel. La question de la relation entre ces deux niveaux est au cœur de nombreux travaux en génétique et évolution, mais aussi en sciences humaines. En philosophie des sciences, cette question a alimenté les réflexions sur les propriétés émergentes ; en sciences sociales, elle a été mobilisée – trop souvent à des fins idéologiques – pour nourrir le débat autour de l’eugénisme et de l’héritabilité des caractères de comportement. Après avoir présenté les origines de la distinction génotype-phénotype, je détaillerai quelques exemples de propriétés émergentes pour illustrer la complexité de la relation génotype-phénotype et les limites des approches purement réductionnistes. Enfin je montrerai avec quelles précautions il faut utiliser – ou non – le concept d’héritabilité dans l’espèce humaine.

Affiche HiPhiS 2020-01-28M – D. de Vienne


Accès à Genopolys : CNRS campus Arnaud de Villeneuve, à côté de la nouvelle faculté de médecine, face à la station de tram “Occitanie” (ligne 1). Accès piéton par le portillon blanc du côté de l’arrêt des bus. N.B. Le site Genopolys n’a aucun parking : privilégier transports en commun ou vélo, ou se garer au parking public Occitanie.


 


Mardi 03 mars 2020
La croyance en l’immobilité : Zénon d’Élée versus agitation thermique
   Maël Bathfield

  Chimiste, chercheur indépendant en philosophie des sciences, Montpellier

17h30 – UM Faculté des Sciences, salle de cours SC-10.01 (campus Triolet, bât. 10)

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF310 Ko

Résumé :

  Alors que les célèbres paradoxes logiques de Zénon sont traditionnellement vus comme niant l’existence du mouvement, l’originalité de cette présentation sera de démontrer que ces derniers devraient plutôt être vus comme des paradoxes de l’immobilité. Le concept de mouvement n’est alors plus problématique tandis que celui de l’immobilité le devient. Nous verrons aussi en quoi la proposition « l’immobilité n’est qu’une illusion de nos sens » semble bien plus crédible que la thèse inverse soutenue par Zénon d’Élée. Surtout, nous constaterons que cette proposition est en parfait accord avec la description moderne des objets matériels : l’agitation thermique (i.e. l’existence d’un mouvement aléatoire et incessant des atomes et molécules, une des caractéristiques fondamentales de la théorie atomique contemporaine), offre en effet une explication rationnelle pour cette “illusion d’immobilité”. Nous serons alors amenés à introduire le nouveau concept d’impermobilité (“mobilité imperceptible”), dont le principal avantage sera d’être bien plus approprié que le concept d’immobilité pour une description sans a priori de la réalité des phénomènes physiques.

Bibliographie :

□ Bathfield, M. (2018), « Why Zeno’s paradoxes of motion are actually about immobility », Foundations of Science, 23(4): 649–679. DOI: 10.1007/s10699-017-9544-9 | en archive ouverte EN, FR (trad. auteur).

Docteur de l’Université Claude Bernard Lyon 1 en chimie des matériaux, Maël Bathfield a ensuite été chercheur post-doctoral à l’Institut Charles Gerhardt de Montpellier pendant plusieurs années. Majoritairement autodidacte en histoire et philosophie des sciences, qu’il a étudiées parallèlement à ses travaux en chimie, il s’intéresse actuellement en tant que chercheur indépendant aux fondements implicites de la physique moderne.

Affiche HiPhiS 2020-03-03M – M. Bathfield


Fin des travaux du campus – entrée principale rétablie Place Eugène-Bataillon (le portillon piéton rue du Truel est supprimé). Voir le plan.


 


Mardi 24 mars 2020 [conférence reportée au 17 mai 2022] [nouvelle date – initialement prévue le 10 décembre 2019]
Infravies – le vivant sans frontières
   Thomas Heams

  Biologiste et philosophe de la biologie, Maître de Conférence à AgroParisTech, UMR GABI Génétique Animale et Biologie Intégrative

17h30 – UM Polytech, amphithéâtre Serge Peytavin (campus Triolet, bât. 31)

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF323 Ko

Conférence annulée en raison de l’alerte sanitaire “covid-19” (reportée du 10 décembre suite aux grèves dans les transports publics).

Résumé :

  Comprendre le vivant dans son aspect le plus fondamental est une quête immémoriale. Chaque époque, chaque mode de pensée, a cherché des réponses qui ont en retour modifié notre rapport au monde biologique, mais un consensus demeure lointain, au risque de fragiliser les sciences du vivant. Une partie de la difficulté à laquelle se heurtent les biologistes et les philosophes tient dans l’impossible démarcation entre vivant et non-vivant, qui est pourtant perçue par la société, et parfois les chercheurs eux-mêmes comme une frontière cardinale. La perspective des infravies est une proposition théorique, nourrie de données expérimentales (exobiologie, biologie de synthèse, origines du vivant) et d’observations naturalistes, pour dépasser ce problème de délimitation et faire du vivant autre chose qu’une catégorie. Elle permet de ne pas renoncer à définir le vivant et a d’importantes conséquences épistémologiques et éthiques.

Bibliographie :

□ Heams, T. (2019), Infravies – Le vivant sans frontières, Paris, Seuil. ISBN 9782021098198 | site éditeur

Affiche HiPhiS 2020-03-24M – T. Heams [reprogrammation]


 


Mardi 16 juin 2020 [conférence annulée]
Thème : philosophie des mathématiques (titre non communiqué)
   Jean-Pierre Marquis

  Logicien et philosophe des mathématiques, Professeur à l’Université de Montréal (Canada)

17h30 – UM lieu non précisé

Détails

Invitation conjointe avec l’IMAG – Institut Montpelliérain Alexandre Grothendieck
Conférence annulée en raison de l’alerte sanitaire “covid-19”

(résumé non communiqué)

 


Mardi 22 septembre 2020 [conférence annulée]
Modèles climatiques : nouvelles questions épistémologiques (titre provisoire)
   Julie Jebeile

  Philosophe des sciences, Post-Doctorante à l’Université de Berne (Suisse)

17h30 – UPVM3 lieu non précisé

Détails

Invitation conjointe avec l’EA 4424 CRISES, UPVM3
Conférence annulée en raison de l’alerte sanitaire “covid-19”

(résumé non communiqué, affiche HiPhiS non produite)

 


Mardi 19 janvier 2021 [nouvelle date – initialement prévue le 26 novembre 2019]
Entre analogie et abstraction : une étude des origines de la simulation dans l’ENIAC
   Liesbeth De Mol

  Philosophe, historiennne et épistémologue de l’informatique, C.R. CNRS, Université de Lille, UMR 8163 Laboratoire “Savoirs Textes Langages”, Médaille de Bronze 2019 du CNRS

17h30 – webinaire en ligne sur Zoom UM

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF320 Ko

Reprogrammation de la conférence annulée le 26 novembre 2019 pour raison de santé.

Invitation conjointe avec l’IMAG Institut Montpelliérain Alexandre Grothendieck, UM ; et avec l’EA 4424 CRISES, UPVM3
Conférence HiPhiS associée à la Journée Mondiale de la Logique 2021
 (*)

Résumé :

(titre abrégé : L’ENIAC, une machine simulatrice ?)

  Quel est l’impact de l’ordinateur sur les sciences ? Cette question est centrale dans les débats philosophiques autour de la simulation. Plutôt que prendre directement position dans ces débats, mon objectif est de revisiter les origines de la simulation mise en œuvre dans l’ENIAC (*) et de remettre en perspective la simulation dans ce contexte historique. Plus particulièrement, je me concentrerai sur les travaux de trois “utilisateurs” : Derrick H. Lehmer, Haskell B. Curry et John von Neumann. À partir de cette étude, je souhaite montrer comment la vitesse de l’ordinateur oblige à repenser et à transformer les méthodes existantes ; ce n’est donc pas la simulation, mais la machine qui est centrale dans leur pensée. C’est à ce niveau que l’on trouve des perspectives et des techniques différentes pour penser le problème de la représentation des processus “naturels” (i.e. non-mécanisés) dans la machine.

(*) Electronic Numerical Integrator And Computer, le premier ordinateur programmable entièrement électronique ; opérationnel dès 1946, il était beaucoup plus rapide que les calculateurs électromécaniques de l’époque.

Bibliographie :

□ De Mol, L. (2019), « ‘A pretence of what is not’ ? A study of simulation(s) from the ENIAC perspective », NTM Zeitschrift für Geschichte der Wissenschaften, Technik und Medizin, 27(4): 443–478. DOI: 10.1007/s00048-019-00226-7 | preprint HAL n° 01807956

(*) Journée Mondiale de la Logique (World Logic Day) chaque 14 janvier, manifestation placée sous le patronnage de l’UNESCO depuis 2020. À cette occasion, un après-midi webinaire est organisé à l’UM — programme.

Affiche HiPhiS 2021-01-19M – L. De Mol [reprogrammation]


Diffusion par visioconférence – ressources Zoom.us si vous n’avez pas encore l’application client sur votre appareil : téléchargement | documentation générale | rejoindre une réunion Zoom (si vous ne voulez pas installer l’application, le service est accessible via certains navigateurs internet mais un compte Zoom est requis, voir les détails).

L’inscription préalable est nécessaire pour recevoir un lien de connexion au webinaire.

Pour éviter les bruits parasites, SVP couper votre micro sauf quand vous intervenez pendant la discussion ; pendant l’exposé, il est conseillé de couper votre caméra pour réduire la charge du réseau.


 


Mardi 17 mai 2022 [nouvelle date – initialement prévue en mars 2020]
Infravies – le vivant sans frontières
   Thomas Heams

  Biologiste et philosophe de la biologie, Maître de Conférence à AgroParisTech, UMR GABI Génétique Animale et Biologie Intégrative

17h30 – UM Polytech, amphithéâtre Serge Peytavin (campus Triolet, bât. 31) + en ligne sur Zoom UM

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF318 Ko

(reprogrammation de la conférence annulée en mars 2020)

Résumé :

  Comprendre le vivant dans son aspect le plus fondamental est une quête immémoriale. Chaque époque, chaque mode de pensée, a cherché des réponses qui ont en retour modifié notre rapport au monde biologique, mais un consensus demeure lointain, au risque de fragiliser les sciences du vivant. Une partie de la difficulté à laquelle se heurtent les biologistes et les philosophes tient dans l’impossible démarcation entre vivant et non-vivant, qui est pourtant perçue par la société, et parfois les chercheurs eux-mêmes comme une frontière cardinale. La perspective des infravies est une proposition théorique, nourrie de données expérimentales (exobiologie, biologie de synthèse, origines du vivant) et d’observations naturalistes, pour dépasser ce problème de délimitation et faire du vivant autre chose qu’une catégorie. Elle permet de ne pas renoncer à définir le vivant et a d’importantes conséquences épistémologiques et éthiques.

Bibliographie :

□ Heams, T. (2019), Infravies – Le vivant sans frontières, Paris, Seuil. ISBN 9782021098198 | site éditeur

Affiche HiPhiS 2022-05-17M – T. Heams [reprogrammation]


“Hybride” avec visioconférence Zoom (sous réserve de faisabilité)
Le risque covid n’ayant pas disparu, nous proposons une diffusion simultanée sur Zoom UM, qui sera réalisée « avec les moyens du bord » : selon l’état du réseau WiFi, la continuité de connexion et la qualité audio/vidéo ne sont pas garanties ; l’interactivité à distance sera minimale. Pour de meilleures conditions d’écoute, merci de privilégier la présence sur place autant que possible.
Les informations de session Zoom seront affichées ici environ 1h avant le début de la conférence. Vous les recevrez directement par courriel en vous inscrivant jusqu’au 17 mai à 12h sur ce lien.

Ressources Zoom.us si vous n’avez pas encore l’application client sur votre appareil : téléchargement | documentation générale | rejoindre une réunion Zoom (service également accessible via certains navigateurs internet avec un compte Zoom, voir les détails).


 


Mardi 14 juin 2022
Modèles et réalités, apports de la philosophie et de l’histoire de la chimie
   Jean-Pierre Llored

  Historien et philosophe de la chimie, Maître de Conférence en SHS à l’École Centrale Casablanca (Maroc) et CentraleSupélec Paris-Saclay | Chercheur Associé Centre Gilles-Gaston Granger (Aix-Marseille) et IDHES ENS-Paris-Saclay

17h30 – UM Polytech, amphithéâtre Serge Peytavin (campus Triolet, bât. 31) + en ligne sur Zoom UM

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF292 Ko

Résumé :

  Sur la base d’exemples illustrant la conception et l’utilisation de modèles en chimie, je montrerai comment ces travaux impliquent un scénario à trois participants (tout-parties-milieu) et non à deux (tout et parties) tout en supposant la dépendance mutuelle des transformations et des corps chimiques. En insistant sur le rôle constitutif des modes d’intervention et du milieu dans la définition, toujours ouverte et provisoire, de ce à quoi les chimistes disent avoir affaire, je montrerai ensuite que la modélisation ne concerne pas uniquement le traitement mathématique des résultats de l’expérimentation, mais aussi sa réalisation pratique. Pour ce faire, je prendrai l’exemple de la fabrication de la matrice de référence de la quantification des inhibiteurs endocriniens en chimie analytique. Enfin, l’exposé interrogera le sens de la clause ceteris paribus dans un cadre de pratiques scientifiques où les propriétés relationnelles prévalent, ce qui permettra de faire un autre lien entre modèles et réalités.

Mots-clés : holisme ; réductionnisme ; modèle ; données ; affordances ; clause ceteris paribus ; milieu.

Jean-Pierre Llored est maître de conférences en SHS à l’École Centrale de Casablanca et rattaché au Département de SHS de l’École CentraleSupélec (Paris-Saclay). Chimiste de formation, agrégé de chimie, il est titulaire d’un master et d’un doctorat en philosophie (Université Libre de Bruxelles, dir. Isabelle Stengers) et est docteur en épistémologie et histoire des sciences et des techniques (École Polytechnique, dir. Michel Bitbol). Il est habilité à diriger des recherches en histoire des sciences et des techniques et en philosophie (Aix-Marseille Université). Il est chercheur invité au Linacre College de l’Université d’Oxford et est rédacteur en chef adjoint de la revue Foundations of Chemistry.

Affiche HiPhiS 2022-06-14M – J.-P. Llored


“Hybride” avec visioconférence Zoom (sous réserve de faisabilité)
Le risque covid n’ayant pas disparu, nous proposons une diffusion simultanée sur Zoom UM, qui sera réalisée « avec les moyens du bord » : selon l’état du réseau WiFi, la continuité de connexion et la qualité audio/vidéo ne sont pas garanties ; l’interactivité à distance sera minimale. Pour de meilleures conditions d’écoute, merci de privilégier la présence sur place autant que possible.
Les informations de session Zoom seront affichées ici environ 1h avant le début de la conférence. Vous les recevrez directement par courriel en vous inscrivant jusqu’au 14 juin à 12h sur ce lien.

Ressources Zoom.us si vous n’avez pas encore l’application client sur votre appareil : téléchargement | documentation générale | rejoindre une réunion Zoom (service également accessible via certains navigateurs internet avec un compte Zoom, voir les détails).


 


Mardi 5 juillet 2022
Fondements de l’informatique quantique
   Gilles Zémor

  Mathématicien et théoricien de l’information, Professeur à l’Université de Bordeaux, IMB Institut de Mathématiques de Bordeaux

17h30 – UM Polytech, amphithéâtre Serge Peytavin (campus Triolet, bât. 31) + en ligne sur Zoom UM (pour infos visio)

Résumé, affiche, info visio

Affiche A3 – PDF380 Ko

Invitation conjointe avec le LIRMM – Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier

Résumé :

  Nous donnerons une introduction simple de la notion d’états intriqués en physique quantique, et de la célèbre action à distance provoquée par les mesures de tels états (cf. le paradoxe Einstein-Podolsky-Rosen, EPR). Puis nous expliquerons comment la manipulation d’états intriqués permet d’accéder à une forme de parallélisme qui motive les efforts actuels pour construire des calculateurs quantiques. Nous illustrerons, par un ou deux exemples simples, comment une machine quantique peut (sur le papier) faire quasi-instantanément un calcul qui nécessite un temps très long pour un ordinateur classique.

Affiche HiPhiS 2022-07-05M – G. Zémor


“Hybride” avec visioconférence Zoom (sous réserve de faisabilité)
Le risque covid n’ayant pas disparu, nous proposons une diffusion simultanée sur Zoom UM, qui sera réalisée « avec les moyens du bord » : selon l’état du réseau WiFi, la continuité de connexion et la qualité audio/vidéo ne sont pas garanties ; l’interactivité à distance sera minimale. Pour de meilleures conditions d’écoute, merci de privilégier la présence sur place autant que possible.
Les informations de session Zoom seront affichées ici environ 1h avant le début de la conférence. Vous les recevrez directement par courriel en vous inscrivant jusqu’au 5 juillet à 12h sur ce lien.

Ressources Zoom.us si vous n’avez pas encore l’application client sur votre appareil : téléchargement | documentation générale | rejoindre une réunion Zoom (service également accessible via certains navigateurs internet avec un compte Zoom, voir les détails).


 


Mardi 4 octobre 2022
Jusqu’à quel point, et à quelles fins, les scientifiques du droit ont-ils/elles besoin de “modèles” pour réfléchir sur la “réalité” du droit ?
   Luc Heuschling

  Juriste et philosophe, Professeur de droit constitutionnel à l’Université du Luxembourg

17h30 – UM UFR Droit, amphithéâtre 301 “Albert Vigié” (14 rue du Cardinal de Cabrières – bât. 2, 3e étage)

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF300 Ko | Plan du site UFR Droit – PDF530.3 Ko

Invitation conjointe avec le CERCOP – Centre d’Études et de Recherches Comparatives Constitutionnelles et Politiques

Résumé :

  Traditionnellement, du moins en France, la réflexion épistémologique au sein de « la » – en vérité : des – science(s) du droit sur leurs propres outils et modes de raisonnement était relativement sous-développée. D’ailleurs, le plus souvent, les spécialistes de ces savoirs juridiques ne se servent pas de l’expression « science(s) » du droit, mais s’auto-désignent sous la formule relativement obscure, et au singulier, de « doctrine du droit » (voir en allemand : « Rechtsdogmatik », la dogmatique du droit). Comme si leur premier souci, et interlocuteur, était la pratique du droit, et non la théorie et le monde des sciences. En France, l’interrogation épistémologique, en parallèle à la réflexion sur la définition de l’objet « droit », rencontre toutefois depuis quelques décennies un intérêt croissant, en particulier chez les spécialistes de droit constitutionnel, lorsque à partir de 1958/71/74 l’objet « droit constitutionnel de la Ve République » a subi une importante métamorphose (on disait que ce droit se « juridicisait » car « se juridictionnalisait ») et que les professeur(e)s de ce droit devaient, à l’instar de qu’ont dû faire leurs homologues étrangers prendre position sur leur identité professionnelle (rompre, ou non, avec le paradigme épistémologique précédent, i.e. l’arrimage aux sciences sociales dans la lignée de Maurice Duverger). Dans ce contexte s’est noué une célèbre controverse sur l’usage en science du droit constitutionnel (dans les écrits de Louis Favoreu et de l’école d’Aix), de « modèles » (des « modèles de justice constitutionnelle dans le monde ») et s’est développé plus généralement un débat sur le rôle d’un savoir, très mal en point, appelé « théorie générale » (de l’État et/ou du droit constitutionnel). Le terme « modèle » est des plus ambigus car s’agit-il d’un « modèle historique » (tel pays qui a servi plus ou moins de source d’inspiration à une lignée, généalogie ou « famille » de droits), d’une classe au sein d’une classification (tel caractère est commun à tous les systèmes juridiques inclus) ou d’un idéal-type au sens wébérien, dont les systèmes juridiques réels, autrement plus complexes, se rapprochent à des degrés variés ? Les fonctions du « modèle » sont-elles descriptives (il résume une « réalité » juridique préexistante), idéologiques (il sert d’écran de fumée) et/ou prescriptives (il vise à influer sur le parachèvement de l’objet « droit », en partie flou et malléable) ? Cette réflexion a soulevé aussi, à l’heure de la globalisation et de l’européanisation, la question cruciale de savoir si les professeur(e)s de droit constitutionnel se doivent d’étudier seulement leur objet juridique local (la Constitution domestique et actuelle) ou si elles/ils se doivent d’embrasser un champ plus large, « régional » – les autres Constitutions en Europe – voire « universel » (les Constitutions dans le monde). Bref, de quels « modèles » (ou classes ou idéaux-types ?) ont-elles/ils besoin pour « travailler » (comment ?) sur quelle « réalité » ?

Affiche HiPhiS 2022-10-04M – L. Heuschling


 


Mardi 25 octobre 2022
Modèles d’étoiles, ou comment comprendre ce qui échappe à l’expérience
   Ana Palacios

  Astrophysicienne, Astronome enseignante-chercheuse à la Faculté des Sciences de Montpellier, LUPM Laboratoire Univers & Particules de Montpellier

17h30 – UM Polytech, amphithéâtre Serge Peytavin (campus Triolet, bât. 31)

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF337 Ko

Résumé :

  L’astrophysique est une des rares sciences dont la plupart des objets d’étude échappent à l’expérimentation : trop lointains, trop grands, trop “chauds”… La modélisation, en tant que représentation du réel au-delà de ce qui nous est accessible par l’observation, est donc fondamentale pour le développement de cette science. Je m’attacherai en particulier à discuter le cas de la modélisation des étoiles dans un tel contexte.

Affiche HiPhiS 2022-10-25M – A. Palacios


 


Prochaine conférence


Mardi 15 novembre 2022
Preuves diagrammatiques – anciens et nouveaux enjeux
   Valeria Giardino

  Philosophe des mathématiques, Chercheuse CNRS à l’Institut Jean-Nicod CNRS/ENS/EHESS, École Normale Supérieure, Paris

17h30 – UM Faculté des Sciences, salle de cours SC-10.01 (campus Triolet, bât. 10)

Résumé, affiche

Affiche A3 – PDF497 Ko

Résumé :

  Dans cet exposé, nous analyserons la notion de preuve diagrammatique et sa validité dans le contexte de la pratique des mathématiques. Nous préciserons tout d’abord ce qu’est une « preuve diagrammatique » puis nous présenterons les arguments philosophiques qui ont été avancés à la fin du XIXe siècle et au début du XXe contre sa validité. Nous donnerons ensuite les raisons qui porteraient à les réviser. Dans un deuxième temps, nous montrerons que la pratique des mathématiques implique un « trafic d’hétérogénéité » (trafficking in heterogeneity), pour reprendre le terme utilisé par Emily Grosholz dans sa critique à la tradition en logique inspirée par Russell et Carnap. Finalement, nous examinerons quelques exemples de preuves diagrammatiques à la fois en géométrie euclidienne et en mathématiques contemporaines qui ont été discutées dans la littérature. Pour conclure, nous considérerons les conséquences pour une philosophie de la pratique des mathématiques d’accepter les preuves diagrammatiques comme des preuves valides.

Affiche HiPhiS 2022-11-15M – V. Giardino


 


Conférences à venir


À suivre — cycle HiPhiS 2023
Communication scientifique : certitudes, incertitudes et prise de décision

  Programmation en préparation.

Argument

Communication scientifique : certitudes, incertitudes et prise de décision
[titre abrégé : « Science publique : (in)certitude & décision »]

« La physique ne nous dit certes pas tout, mais ce qu’elle dit, elle est la seule à pouvoir le dire. » (Étienne Klein)

  La décision publique (politique, administrative, judiciaire…) a régulièrement besoin de s’appuyer sur la connaissance ou l’expertise scientifique. Ce qui, en situation d’urgence, de crise ou face à de grands enjeux sociétaux (santé, climat, énergie…), peut mener à des malentendus sévères voire à des mises en accusation. En effet, chacun espère que la prise de décision s’appuie sur une information réputée sûre (“certitudes”), alors que les savoirs produits par la science sont par essence susceptibles d’être remis en cause (“incertitudes”), en particulier par l’avancée de la science elle-même.
  Comment, dans quelle mesure, jusqu’où et jusqu’à quand un savoir scientifique peut-il être suffisamment assuré pour contribuer à la prise de décision ? Comment les résultats de la recherche et les spécificités de la méthode scientifique peuvent-ils, ou doivent-ils être diffusés en direction du grand public ?
  La communication scientifique, qui vise à informer les différents publics sur les avancées des sciences et des techniques et sur leurs rôles dans la société, s’exerce désormais dans un espace médiatique devenu perméable aux théories du complot. Comme illustré à plusieurs reprises dans l’actualité récente, des questions scientifiques importantes (en matière d’environnement ou de santé par exemple) suscitent des discussions biaisées, polarisent les opinions et font croître des micro-communautés épistémiques au sein desquelles se diffusent rumeurs et fausses nouvelles. Au regard des enjeux pour des sociétés engagées à relever les défis immenses de l’anthropocène, la fragilité et l’ambivalence de la communication des sciences en font un sujet d’intérêt public. Non tant qu’il y ait un effondrement général de la confiance du grand public dans les sciences, mais des actions de communication à visée de désinformation et d’origines diverses peuvent réussir à brouiller les frontières entre science et opinion, entre sujets de débat et sujets de consensus, entre questions de fait et questions de valeur.
  Le cycle HiPhiS 2023 souhaite mettre en débat ces questions vives de la communication scientifique, en apportant un éclairage pluridisciplinaire sur les liens entre certitudes, incertitudes et prises de décisions.